Lettre d’information Resilience Leadership – Actualités du monde de la continuité des activités – n° 1-2026

Meilleurs vœux pour la nouvelle année à la « Resilience Leadership » italienne !!

À l’aube de cette nouvelle année, nous tenons tout d’abord à adresser nos meilleurs vœux pour 2026 à l’ensemble de la communauté des professionnels de la continuité des activités et de la résilience organisationnelle.

Un vœu qui s’accompagne inévitablement d’une réflexion sobre mais nécessaire. L’année a en effet débuté par des nouvelles profondément bouleversantes, y compris sur le plan émotionnel. L’incendie qui s’est déclaré à Crans-Montana, dans une station de ski renommée, dans un contexte que l’on serait en droit de considérer comme sûr, réglementé et à la pointe de la technologie, a causé la mort de dizaines de très jeunes adolescents. Un événement qui frappe non seulement par la gravité de ses conséquences, mais aussi par ce qu’il représente : la concrétisation d’un risque jugé, à tort, improbable, voire impensable.

À cette situation s’ajoute un contexte international tout aussi complexe et préoccupant, caractérisé par la persistance et l’extension de conflits anciens et nouveaux, par l’instabilité géopolitique et par une difficulté croissante pour les organisations publiques et privées à opérer dans des contextes prévisibles et maîtrisables.

Deux niveaux distincts, le niveau local et le niveau mondial, qui convergent néanmoins vers certaines réflexions fondamentales. Dans le cas de Crans-Montana, le thème de la formation, de la préparation, de la prise de conscience des risques et des comportements à adopter ressort avec force : un thème que nous aborderons plus loin dans l’une des rubriques de ce numéro. Sur le plan international, les thèmes de la résilience organisationnelle, de la dépendance vis-à-vis des tiers, de la fragilité des chaînes d’approvisionnement et de la capacité des entreprises à s’adapter à des scénarios en mutation rapide et constante reviennent au premier plan.

Notre travail, en tant que professionnels de la gestion des risques et de la continuité des activités, ne consiste pas à subir ces événements ni à les considérer comme des exceptions malheureuses. Il s’agit au contraire de les analyser, de les comprendre, d’en évaluer les implications et d’en faire des occasions d’apprentissage, d’amélioration et de renforcement des systèmes organisationnels.

C’est dans cet esprit que nous poursuivons notre chemin et que ce nouveau numéro de la newsletter prend forme.

Bonne lecture !

Corrado Zana

corrado.zana@continuitaly.it

Perspectives en matière de risques et de résilience

Forum économique mondial – Le Rapport sur les risques mondiaux 2026

Dans chaque numéro de notre lettre d’information, nous souhaitons réserver un espace à une publication que nous estimons particulièrement pertinente pour la communauté des professionnels de la continuité des activités, de la gestion des risques et de la résilience organisationnelle. Il s’agit de rapports et d’analyses qui n’ont pas pour but de faire des prédictions, mais d’aider à lire le contexte, à comprendre les dynamiques à l’œuvre et à réfléchir aux implications concrètes pour les organisations.

Dans ce numéro, nous avons choisi de nous intéresser à l’une des publications de référence au niveau mondial : leRapport sur les risques mondiaux 2026 du Forum économique mondial.

Un monde au bord de l’instabilité permanente

Le message fondamental du rapport est clair : l’incertitude n’est plus une exception, mais la condition structurelle dans laquelle opèrent les gouvernements, les entreprises et les institutions. Plus de la moitié des experts interrogés prévoient un contexte mondial « turbulent ou agité », tant à court qu’à moyen et long terme. Le Forum économique mondial parle explicitement d’« ère de la concurrence », caractérisée par une fragmentation géopolitique, un affaiblissement des mécanismes multilatéraux et une difficulté croissante à coopérer au niveau international.

Les principaux risques mondiaux à court terme

À court terme, les risques perçus comme les plus critiques sont principalement liés à des facteurs géopolitiques et géoéconomiques. En particulier, la confrontation géoéconomique s’impose avec force, entendue comme l’utilisation d’instruments économiques – sanctions, droits de douane, restrictions technologiques – comme véritables leviers de pression et de conflit entre États. À cela s’ajoutent les conflits armés entre États, qui continuent de représenter une menace systémique, avec des répercussions directes sur l’énergie, le commerce et les chaînes d’approvisionnement.

Outre ces risques « traditionnels », le rapport souligne l’importance croissante de facteurs moins visibles mais tout aussi déstabilisants : la désinformation, la polarisation sociale, les cyberrisques et les premiers effets négatifs liés à l’adoption à grande échelle de l’intelligence artificielle. Des risques qui ne touchent pas seulement les systèmes d’information, mais qui sapent la confiance, la cohésion sociale et la capacité de décision des organisations.

Une vision à long terme : risques environnementaux et systémiques

Si l’on élargit l’horizon temporel, le tableau change, mais ne devient pas pour autant moins complexe. À long terme, ce sont les risques environnementaux qui prédominent : événements climatiques extrêmes, perte de biodiversité, changements critiques des systèmes naturels et pénurie de ressources. Ces risques ne sont plus perçus comme des hypothèses lointaines, mais comme des facteurs structurels destinés à influencer de manière permanente les infrastructures, les chaînes d’approvisionnement et les modèles économiques.

Parallèlement, les risques technologiques, en particulier ceux liés à l’intelligence artificielle, affichent la plus forte augmentation à court et à long terme, ce qui témoigne d’une inquiétude croissante quant à leurs effets imprévus sur l’emploi, la sécurité et la gouvernance.

Les répercussions sur le contexte italien

L’analyse pays par pays montre que, pour des économies telles que celle de l’Italie, les risques mondiaux se traduisent par des problèmes très concrets : ralentissement économique, inflation, fragilité des infrastructures, dépendance vis-à-vis des fournisseurs et des tiers, cyberrisques et perturbations des chaînes d’approvisionnement. À cela s’ajoutent des facteurs sociaux, tels que la polarisation et la perte de confiance, qui ont une incidence indirecte sur la stabilité opérationnelle des organisations.

Une lecture utile pour tous ceux qui s’intéressent à la continuité et à la résilience

Pour les professionnels de la continuité des activités et de la résilience, le Rapport sur les risques mondiaux 2026 vient renforcer un concept désormais central : les risques n’agissent plus de manière isolée. Au contraire, ils se combinent, s’amplifient et se propagent rapidement d’un domaine à l’autre.

Cela nécessite un changement de perspective : passer de la gestion d’une menace isolée à la compréhension des interdépendances, d’une réponse réactive à une préparation structurée, d’une simple conformité réglementaire à une réelle capacité d’adaptation. En ce sens, le rapport ne propose pas de solutions toutes faites, mais suscite une réflexion approfondie sur la manière de repenser les modèles de résilience dans un monde de plus en plus complexe et concurrentiel.

En tête de liste du responsable de la résilience

Changement climatique !

Si l’on devait aujourd’hui identifier l’une des principales préoccupations communes auxresponsables de la résilience, on ne saurait faire abstraction du changement climatique. Non pas en tant que concept abstrait ou thème environnemental au sens large, mais en tant qu’ensemble de changements concrets affectant les conditions dans lesquelles les organisations sont amenées à fonctionner.

Parler dechangement climatique, c’est avant tout s’interroger sur l’évolution des caractéristiques des territoires : augmentation de la fréquence et de l’intensité des phénomènes extrêmes, pluies torrentielles, inondations, glissements de terrain. Des phénomènes qui exposent les usines, les entrepôts, les infrastructures critiques et les réseaux de transport à des risques qui, il y a encore quelques années, étaient considérés comme marginaux ou statistiquement peu significatifs.

Outre les effets sur le territoire, les implications techniques et opérationnelles apparaissent clairement. Les vagues de chaleur, de plus en plus intenses et prolongées, mettent à rude épreuve lessystèmes de climatisation et de refroidissement, souvent conçus sur la base de données climatiques désormais obsolètes. Dans de nombreux contextes industriels, il devient nécessaire de revoir les capacités, les redondances et les logiques de fonctionnement des installations CVC, afin de garantir la continuité des processus et la sécurité des personnes.

La hausse des températures a également un impact direct surles installations électriques. Des charges plus élevées, des conditions de fonctionnement plus difficiles et un stress thermique accru peuvent entraîner des surcharges, une dégradation accélérée des composants et un risque accru de panne. Cela impose de se pencher sur les tableaux électriques, les postes de transformation, les systèmes de ventilation et de dissipation thermique, souvent négligés dans les analyses de risque traditionnelles.

Pour certaines filières, le changement climatique introduit enfin une variable critique pourla continuité des approvisionnements. C’est le cas, par exemple, de l’industrie alimentaire, où des phénomènes climatiques extrêmes peuvent compromettre les zones de production, réduire les rendements, bouleverser les marchés d’approvisionnement établis et entraîner des hausses soudaines des coûts. Les organisations se trouvent ainsi amenées à explorer de nouveaux fournisseurs, de nouveaux marchés et des stratégies d’approvisionnement qui n’ont pas encore fait leurs preuves.

C’est vrai : ces changements ne se produisent pas du jour au lendemain. Mais il est tout aussi vrai qu’ils s’opèrent rapidement, et les signes les plus évidents sont déjà sous les yeux de tous, notamment à traversla multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes.

Pour le gestionnaire des risques, tout cela se traduit par une nécessité évidente : réévaluer les risques de manière systémique, en tenant compte non seulement des aspects techniques et opérationnels, mais aussi des aspects financiers et d’assurance. À la lumière des nouvelles législations et réglementations qui introduisent ou renforcentl’obligation de couverture des risques catastrophiques, il devient essentiel de vérifier si ces risques ont été correctement identifiés, évalués, transférés et assurés.

Le changement climatique n’est plus une perspective d’avenir : c’est une réalité qui influe directement sur la résilience des organisations. Et c’est, à part entière, l’une des préoccupations qui occupent aujourd’hui l’esprit du responsable de la résilience.

Mise à jour professionnelle

Prochains cours Continuitaly – DRI Italy – DRI France – NFPA

Gestion de la continuité des activités – Cours de certification – DRI Italy
28-29 janvier 2026 – En ligne – Italien
Cours intensif sur les principes et les pratiques de la gestion de la continuité des activités (BCM).
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Gestion de la continuité des activités – Cours de certification – DRI France
28-29 janvier 2026 – En ligne – En français
Cours intensif sur les principes et les pratiques de la gestion de la continuité des activités (BCM).
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Cyber Resilience – Certification Course – DRI Italy
3-4 March 2026 – Online – Italian
Cours intensif sur la gestion des risques cybernétiques.
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Gestion de la continuité des activités – Cours de certification – DRI Italie
10-11-17-18 mars 2026 – Online – Italian
Cours approfondi sur les principes et les pratiques de la gestion de lacontinuité desactivités.
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Business Continuity Management – Certification Course – DRI France
14-15 avril 2026 – Online – French
Cours intensif sur les principes et pratiques du BCM.
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Gestion de la continuité des activités – Cours de certification – DRI France
14-15-21-22 avril 2026 – En ligne – En français
Cours approfondi sur les principes et les pratiques de la gestion dela continuité des activités(BCM).
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NFPA 13 – Normes pour les systèmes d’extinction automatique
11-12-13 mai 2026 – En présence – Milan
Cours officiel de la NFPA sur la conception des systèmes d’extinction automatique.
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NFPA 20 – Standards for Fire Supplies
14-15 mai 2026 – In Attendance – Milan
Cours officiel de la NFPA consacré à la conception des systèmes d’alimentation en eau incendie.
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Calendrier complet et actualisé

C’est vraiment arrivé ! Réflexions opérationnelles à partir de cas concrets

Crans-Montana

Cette rubrique est consacrée à l’analyse d’événements réels, dans le but de stimuler une réflexion responsable et tournée vers l’avenir. Dans ce cas, il est particulièrement difficile d’en parler, mais éviter de faire le lien avec ce qui s’est passé ne serait ni utile ni juste.

Au-delà des responsabilités individuelles ou des enquêtes judiciaires qui devront être menées par les autorités compétentes, certains événements imposent une réflexion immédiate à ceux qui s’occupent des risques, de la sécurité et de la résilience organisationnelle. Ce qui s’est passé à Crans-Montana en fait partie. Parmi les nombreux aspects qui pourraient être analysés, il en est un qui mérite une attention particulière d’un point de vue technique :l’utilisation de matériaux isolants combustibles. Dans ce cas précis, il ne s’agissait pas d’isolation thermique, mais d’isolation acoustique. Toutefois, le principe reste le même.

Le matériau utilisé – unemousse plastique, probablement à base de polyuréthane – a contribué de manière déterminante à la propagation et à la rapidité de l’incendie. Il s’agit là d’un sujet qui est loin d’être marginal. Des matériaux plastiques combustibles continuent d’être commercialisés et largement utilisés, tant dans le secteur industriel que dans le bâtiment, sous forme de panneaux sandwich, de revêtements, de contre-cloisons, de faux-plafonds ou de cloisons de séparation, souvent pour des raisons de coût, de facilité de pose ou de performances d’isolation. Dans de nombreux cas, il s’agit de solutions adoptées sans une pleine conscience des risques qu’elles comportent, ou pire, en les ignorant totalement ou en supposant que ces risques sont négligeables. La réalité est tout autre.L’utilisation de matériaux isolants combustibles– surtout lorsqu’elle n’est pas strictement nécessaire – peut entraîner des scénarios d’incendie imprévus, avec une propagation rapide, la production de fumées toxiques et l’inaccessibilité des lieux en un temps extrêmement court. C’est exactement ce qui s’est produit à Crans-Montana. Dans l’industrie, il n’est pas rare de rencontrer des situations analogues : des chambres froides réalisées avec des panneaux sandwich à âme plastique, des cloisonnements internes obtenus avec des matériaux combustibles, des toitures et des revêtements qui, en cas d’incendie, deviennent un multiplicateur de risque plutôt qu’un élément neutre. Souvent, ces matériaux sont présents « depuis toujours » et ne sont plus remis en question.

La réflexion à soumettre au PDG est donc simple, mais loin d’être anodine :chaque fois que l’on évalue un matériau isolant– pour les toitures, les murs, les cloisons ou les applications acoustiques et thermiques –, le choix de solutions incombustibles ou certifiées comme non combustibles, bien que plus coûteuses, constitue un devoir. Non seulement en termes de sécurité des personnes, mais aussi de continuité des activités, de protection des actifs et de gestion des risques à moyen et long terme. On peut affirmer sans crainte que, si le matériau utilisé comme isolation acoustique dans le local de Crans-Montana avait été incombustible, nous ne serions probablement pas ici aujourd’hui à en discuter. Ce constat, aussi dérangeant soit-il, est l’une des leçons les plus claires que cette tragédie nous enseigne. D’autres aspects – issues de secours, affluence, gestion de l’urgence – devront être analysés avec rigueur et neutralité par les autorités compétentes. Mais en ce qui concerne les matériaux, surtout dans les contextes industriels et infrastructurels, la responsabilité incombe dès aujourd’hui à ceux qui conçoivent, gèrent et décident. Et c’est pourquoi il vaut la peine de le dire clairement : cela s’est bel et bien produit.
Et oui, c’est un sujet dont il faut encore parler.

Nouveaux règlements à surveiller

Focus sur l’intelligence artificielle

Dans ce numéro, le thème central des nouveautés réglementaires est clairement annoncé dès le début : l’intelligence artificielle. Il ne s’agit plus d’un sujet émergent, mais d’un domaine réglementé qui, au cours de l’année 2026, entrera dans une phase pleinement opérationnelle pour de nombreuses organisations européennes et italiennes.

La référence principale est lerèglement (UE) 2024/1689, connu sous le nom d’AI Act, publié au Journal officiel de l’Union européenne en 2024. Ce règlement introduit une approche fondée sur les risques et prévoit une mise en œuvre progressive : après les premières obligations déjà entrées en vigueur en 2025 (interdictions de certaines pratiques et exigences en matière de culture de l’IA), le 2 août 2026 constitue une date clé, car la plupart des obligations deviendront pleinement applicables aux fournisseurs et aux utilisateurs de systèmes d’intelligence artificielle, en particulier ceux classés comme présentant un risque élevé.

Pour certaines catégories spécifiques, intégrées dans des produits déjà réglementés, des délais de transition plus longs sont prévus, allant jusqu’en 2027. Au cours des derniers mois, un débat s’est par ailleurs ouvert au niveau européen sur la simplification éventuelle de la mise en œuvre de la loi sur l’IA. La Commission a présenté en novembre 2025 une proposition d’intervention dans le cadre du « Digital Omnibus on AI » (COM(2025) 836), qui pourrait entraîner un report de certaines obligations pour les systèmes à haut risque. Il est important de souligner qu’il s’agit, à l’heure actuelle, d’une proposition : l’orientation générale de la réglementation ne change pas et la question de la gouvernance de l’IA reste centrale pour 2026.

Au niveau national, l’Italie a adopté sa propre loi-cadre avec la loi n° 132 du 23 septembre 2025, entrée en vigueur en octobre 2025, qui introduit des dispositions et confère des pouvoirs au gouvernement en matière d’intelligence artificielle. Cette loi ne remplace pas l’AI Act, mais accompagne sa mise en œuvre, en définissant un cadre national de référence et en préparant le terrain pour de futures mesures d’application.

Outre la réglementation, les normes techniques joueront un rôle de plus en plus important, car elles permettent de traduire les exigences réglementaires en processus concrets et vérifiables. Dans ce contexte, la référence principale est lanorme ISO/IEC 42001, publiée au niveau international en 2023 et transposée en Europe et en Italie sous la référence UNI EN ISO/IEC 42001:2024, qui définit un véritable système de gestion de l’intelligence artificielle, selon une logique analogue à celle des autres systèmes ISO. À celle-ci s’ajoute la normeISO/IEC 23894, guide de gestion des risques liés à l’IA (transposée sous la référence UNI ISO/IEC 23894), ainsi que des normes complémentaires telles quel’ISO/IEC 22989(terminologie et concepts) et la norme ISO/IEC 23053 (cadre pour les systèmes d’apprentissage automatique).

Pour les organisations, le message est clair : en 2026, l’accent ne sera pas seulement mis sur la conformité formelle à la loi sur l’IA, mais sur la capacité à démontrer la gouvernance, la maîtrise des risques, la responsabilité et l’intégration de l’IA dans les processus d’entreprise.En ce sens, les réglementations européennes et les normes ISO/UNI ne constituent pas des voies alternatives, mais des outils complémentaires permettant de mettre en place une approche crédible et durable de l’utilisation de l’intelligence artificielle.

Le coin technique

Objectif de point de reprise (RPO) : bien plus qu’un simple indicateur informatique

Dans le numéro précédent de la newsletter, nous avons consacré notre rubrique technique au thème de la sauvegarde, en présentant l’évolution de l’approche traditionnelle 3-2-1 vers le modèle 3-2-2-1-1-0. Dans ce numéro, nous revenons sur le thème des données, en nous concentrant sur un concept souvent cité, mais pas toujours réellement compris ni appliqué : leRecovery Point Objective (RPO). Le Recovery Point Objective représente la quantité maximale de données qu’une organisation est prête à perdre à la suite d’un incident. En d’autres termes, il répond à une question qui n’est simple qu’en apparence : jusqu’à quel point puis-je remonter dans le temps sans compromettre de manière inacceptable l’activité ? Le RPO n’est pas une décision informatique.

L’une des erreurs les plus courantes consiste à considérer le RPO comme unparamètre purement technique, à définir en fonction des capacités des systèmes de sauvegarde ou des fenêtres de sauvegarde disponibles. En réalité, le RPO estavant tout un choix stratégique.

Ce sont les responsables métier qui doivent déterminer la quantité de données pouvant être perdue, les processus les plus sensibles et les conséquences opérationnelles, économiques ou en termes de réputation qui découleraient de la perte d’heures, de minutes, voire de quelques secondes d’informations. Le rôle des services informatiques et de la fonction de continuité des activités consiste à traduire ces besoins en solutions techniques viables, et non à les déterminer de manière autonome. RPO et qualité réelle des copies de sauvegarde. Définir un RPO sur le papier ne suffit pas si les copies de sauvegarde ne sont pas réellement protégées. Et c’est là que le lien avec l’approche 3-2-2-1-1-0 devient crucial.

Un RPO apparemment très « agressif » perd tout son sens si :

  • les copies sont conservées sur le même site que celui où s’est produit l’incendie ou l’inondation ;
  • les sauvegardes sont en ligne et accessibles par un ransomware ;
  • le matériel de production et celui de sauvegarde présentent les mêmes vulnérabilités ;
  • Il n’existe pas de copies hors ligne, immuables ou physiquement distinctes.

Dans ces cas-là, le risque est de considérer comme valides des copies qui, en réalité, seraient détruites ou compromises par le même événement qui affecte les systèmes principaux. C’est pourquoi le modèle 3-2-2-1-1-0 est pertinent pour le RPO. Le modèle 3-2-2-1-1-0 renforce le concept de RPO car il introduit des exigences qui vont au-delà de la simple quantité de copies :

  • 3 copies des données, afin de réduire le risque de perte simultanée ;
  • 2 supports différents, afin de limiter les pannes techniques ;
  • 2 copies hors site, physiquement distinctes du site principal ;
  • 1 copie hors ligne ou immuable, inviolable ;
  • Aucune erreur de sauvegarde, grâce à des vérifications et des tests réguliers.

Ce n’est que lorsque ces conditions sont réunies que le RPO déclaré peut être considéré comme crédible. Le RPO est le résultat d’une réflexion structurée. Un RPO efficace est le fruit d’un dialogue structuré entre :

  • chef d’entreprise ;
  • FR;
  • cybersécurité ;
  • gestion des risques ;
  • assurances (en particulier lorsqu’elles comprennent des garanties cyber ou des garanties de biens).

Il ne s’agit pas de fixer un chiffre une fois pour toutes, mais de le réévaluer régulièrement, à la lumière de l’évolution des processus, des volumes de données, des menaces et des exigences réglementaires.

En résumé, leRecovery Point Objectiven’est pas un simple indicateur technique. Il s’agit d’une déclaration de tolérance à la perte, qui doit être cohérente avec la stratégie de l’entreprise, s’appuyer sur une architecture de sauvegarde adaptée et avoir fait ses preuves au fil du temps. Tout le reste n’est qu’une illusion de sécurité.

Perspectives et inspirations

Les conseils du mois

Letture consigliate per approfondire il Climate Risk

Les conseils du mois

Dans cette rubrique, nous continuons à signaler les contenus que nous trouvons utiles non pas tant pour acquérir de nouvelles connaissances que pour affiner notre lecture du risque, de l’incertitude et des décisions stratégiques dans des contextes complexes.

Lecture recommandée : How Big Things Get Done – Bent Flyvbjerg, Dan Gardner.

Publié en 2023, cet ouvrage est rapidement devenu une référence pour tous ceux qui s’intéressent aux décisions complexes, aux grands projets, au risque systémique et au risque d’exécution.
En analysant des milliers de projets d’infrastructure, industriels et technologiques, les auteurs montrent que l’optimisme irrationnel, les biais cognitifs et les faiblesses des processus décisionnels comptent parmi les principales causes d’échecs, de retards et de coûts incontrôlables.
Cet ouvrage s’adresse tout particulièrement aux professionnels de la résilience et de la gestion des risques d’entreprise, car il aide à recentrer l’attention non plus sur la gestion de crise, mais sur la qualité des décisions en amont, élément clé de toute organisation résiliente.Le livre est disponible en version papier et en ebook dans les principales boutiques en ligne (Amazon, librairies numériques) et est également facilement accessible en version livre audio sur les principales plateformes d’écoute.

Podcast recommandé : McKinsey on Risk – McKinsey & Company.

McKinsey on Risk est un podcast consacré aux thèmes de la gestion des risques d’entreprise, de la résilience, de la géopolitique, des cyberrisques, de l’intelligence artificielle et de la chaîne d’approvisionnement, avec une approche stratégique destinée aux PDG, aux conseils d’administration et aux cadres supérieurs. Les épisodes combinent des recherches récentes, des cas concrets et des réflexions de haut niveau, tout en conservant une approche pragmatique et axée sur la prise de décision. Le podcast est disponible sur les principales plateformes d’écoute, notamment Apple Podcasts (iPhone), Spotify et Google Podcasts, et est également facilement accessible depuis le site web de McKinsey.

Mises à jour de la National Fire Protection Association (NFPA)

Nouvelles de la communauté internationale Fire Safey

En tant que membre de l’Authorised Education Networket partenaire de formation NFPA autorisé en Italie, nous considérons qu’il fait partie de notre rôle d’informer la communauté professionnelle sur les principales nouveautés et développements du monde NFPA, en mettant l’accent sur les impacts techniques, réglementaires et opérationnels pour les entreprises et les professionnels.

LaNational Fire Protection Association (NFPA)est une organisation internationale à but non lucratif et un point de référence mondial pour la sécurité incendie, la sécurité des personnes et la protection des biens. En élaborant des normes et des codes techniques, en menant des activités de recherche, d’éducation et de sensibilisation, la NFPA contribue depuis plus d’un siècle à la réduction des risques d’incendie et à la résilience des organisations dans le monde entier.

Au cours des derniers mois, la NFPA a mis en placedes mises à jour particulièrement importantes, tant sur le plan réglementaire que sur le plan technique, confirmant ainsi une stratégie visant à adapter de plus en plus ses normes à la complexité technique et opérationnelle des contextes industriels et infrastructurels actuels.

Un premier élément de rupture est le lancement deNFPA LiNK 3.0,la nouvelle version de la plateforme numérique permettant d’accéder aux codes et aux normes NFPA. La plateforme intègre des fonctionnalités avancées basées sur l’intelligence artificielle – appelées CASI (Codes and Standards Intelligence) – qui permettent d’interroger les contenus normatifs en langage naturel, en obtenant des réponses contextualisées et cohérentes avec les références officielles. À cela s’ajoutent des outils opérationnels pour les annotations, les listes de contrôle, les tableaux de bord personnalisables et la collaboration, dans le but de faciliter l’application quotidienne des normes par les concepteurs, les ingénieurs en risques et les responsables de la sécurité.
Informations officielles :

https://www.nfpa.org/about-nfpa/press-room/news-releases

https://www.nfpa.org/products/nfpa-link

Sur le plan strictement réglementaire,la NFPA a également publié la nouvelle édition 2026 de la normeNFPA 855, consacrée à la sécurité des systèmes de stockage d’énergie (Energy Storage Systems – ESS).Cette mise à jour introduit des exigences plus structurées pour les technologies de stockage émergentes, en renforçant les mesures de prévention et d’atténuation de l’emballement thermique, les critères de conception et de compartimentage, les plans d’intervention d’urgence et le recours à des essais incendie à grande échelle (Large-Scale Fire Testing – LSFT). Cette norme continue d’être adoptée comme référence en matière de bonnes pratiques, y compris en dehors des États-Unis, notamment dans les projets industriels, logistiques et d’infrastructure caractérisés par une forte concentration d’énergie et des interdépendances opérationnelles.
Références officielles :
https://www.nfpa.org/codes-and-standards
https://www.nfpa.org/codes-and-standards/all-codes-and-standards/list-of-codes-and-standards/detail?code=855

Dans l’ensemble, ces évolutions montrent que la NFPA agitsur deux fronts :d’une part, l’évolution des contenus techniques pour faire face aux nouveaux risques technologiques et, d’autre part, la modernisation des outils permettant d’accéder aux normes, dans une perspective de plus en plus intégrée avec la résilience opérationnelle, la gestion des risques et la continuité des activités.

Mises à jour du Disaster Recovery Institute International (DRI)

Nouvelles de la communauté mondiale des praticiens certifiés de la résilience

En tant qu’affilié officiel deDRI International pour l’Italie et la France, nous considérons qu’il fait partie intégrante de notre rôle d’informer la communauté professionnelle des développements les plus pertinents du monde DRI, en mettant l’accent sur les tendances méthodologiques et les implications concrètes pour les organisations, les praticiens et les décideurs.

DRI Internationalest l’organisation mondiale de référence pour le développement de pratiques professionnelles en matière de gestion de la continuité des activités, ainsi que pour la formation et la certification des professionnels de la résilience. Au travers de normes méthodologiques, d’activités de recherche appliquée et d’événements internationaux, DRI contribue depuis plus de 50 ans à l’évolution de la discipline de la continuité d’activité et de la gestion de crise dans le monde entier.

Les dernières mises à jourmontrent clairement qu’une attention croissante est accordée au rôle de l’intelligence artificielle en tant que facteur facilitateur – mais aussi en tant que nouvelle source de complexité – dans les programmes de résilience organisationnelle. Les contenus partagés soulignent que l’IA s’intègre progressivement dans les processus d’analyse des risques, d’aide à la décision, de gestion de l’information en situation de crise et de simulation de scénarios, offrant ainsi de nouvelles opportunités d’efficacité opérationnelle. Dans le même temps, on insiste sur la nécessitéd’intégrer ces technologies au sein d’un cadre de gouvernance solide,qui place au centre le contrôle humain, la responsabilité décisionnelle et la prise de conscience des nouvelles dépendances technologiques introduites.

Un thème récurrent concerne en effetl’impact de l’IA sur les processus critiques et les tiers,avec des implications directes pour la continuité des activités, la cyber-résilience et la résilience opérationnelle. L’adoption de solutions intelligentes exige que les programmes de gestion de la continuité des activités (BCM) évoluent pour prendre en compte de nouveaux scénarios d’indisponibilité, d’erreurs systémiques et de risques émergents, en renforçant l’intégration entre la continuité opérationnelle, la gestion des risques et le leadership en situation de crise. Dans cette perspective, les Professional Practices de DRI sont de plus en plus considérées comme un outil dynamique, axé sur la préparation décisionnelle et non plus uniquement sur la conformité documentaire.

Ces thèmes seront également au cœur dela conférence mondiale annuelle de DRI, prévue fin février à Jacksonville, en Floride, l’un des principaux rendez-vous internationaux pour la communauté de la résilience. Cet événement constitue un moment clé d’échange sur les tendances émergentes, les cas concrets et les approches évolutives en matière de continuité des activités, confirmant ainsi le rôle de DRI en tant qu’observatoire privilégié de l’évolution de cette discipline.

Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez consulter le blog officiel de DRI disponible sur Drive, qui rassemble des articles et des contributions sur les principaux thèmes d’actualité destinés aux professionnels de la résilience :

https://drive.drii.org/

Pour en savoir plus sur nos activités institutionnelles à travers le monde, rendez-vous sur www.drii.org

En revanche, pour nos activités en Italie et en France, vous pouvez consulter les sites www.dri-italy.it et www.drifrance.eu

PhoenITx Ltd.

Via Pietro Calvi, 2

20129 Milan

www.continuitaly.it

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