Milan, 20 mars 2026

Résilience : de la discipline technique à la capacité systémique

Le numéro de mars de cette lettre d’information s’ouvre sur un constat de plus en plus évident :
La résilience n’est plus une fonction spécialisée, mais une compétence transversale et systémique, appelée à faire face à des scénarios de plus en plus complexes et interconnectés.

Les contributions rassemblées dans cette édition – de la conférence internationale DRI aux développements réglementaires et technologiques les plus récents – convergent vers un point commun : le contexte de référence change plus rapidement que les outils traditionnels avec lesquels nous l’avons interprété jusqu’à présent.

D’une part, lesdéveloppements géopolitiquesmontrent comment des événements régionaux peuvent se transformer enperturbations mondiales, avec des répercussions qui vont bien au-delà des marchés de l’énergie et touchent les chaînes d’approvisionnement, la production industrielle et la continuité des activités.

D’autre part, l’évolution technologique – en particulier l’intelligence artificielle– introduit de nouvelles opportunités, mais aussi de nouvelles formes de risque, qui nécessitent desmodèles de gouvernanceet de contrôle qui sont encore en cours de consolidation.

Parallèlement, le cadre réglementaire européen, avec l’entrée en vigueur de DORA, NIS2 et la transposition dans les cadres nationaux, marque une étape décisive : la résilience numérique devient une exigence réglementaire structurée, et non plus un élément discrétionnaire.

Enfin, les normes techniques et les communautés professionnelles internationales – de la NFPA à la DRI – reflètent également cette transformation, évoluant pour intégrer de nouvelles complexités, de nouveaux risques et de nouvelles responsabilités.

Un changement de perspective

S’il est un élément que toutes ces questions ont en commun, c’est la nécessité de dépasser une approche linéaire du risque. Aujourd’hui, la résilience exige

  • capacité à lire les interdépendances
  • la gestion des scénarios non linéaires
  • l’intégration des dimensions techniques, opérationnelles et stratégiques

En d’autres termes, il ne s’agit plus seulement de « protéger », mais de comprendre et de gouverner des systèmes complexes.

Ce numéro est né dans le but d’offrir quelques pistes dans cette direction :
pas des solutions définitives, mais des clés utiles pour s’orienter dans un contexte en mutation rapide.

Bonne lecture !

Corrado Zana

corrado.zana@continuitaly.it

Perspectives en matière de risques et de résilience

Baromètre des risques d’Allianz 2026

Conférence internationale DRI 2026 : des signaux clairs sur l’avenir de la résilience

La conférence internationale DRI 2026, qui s’est tenue à la fin du mois de février à Jacksonville, aux États-Unis, s’est une fois de plus révélée être l’un des moments les plus importants pour la communauté mondiale de la continuité des activités et de la résilience opérationnelle.

Au-delà de la qualité de l’événement, c’est un changement de paradigme qui apparaît clairement :
La résilience n’est plus une fonction de soutien, mais un système intégré qui combine la gouvernance, la technologie, la capacité opérationnelle et la prise de décision dans des conditions d’incertitude.

Parmi les nombreuses sessions, certaines se sont distinguées par leur capacité à offrir des perspectives concrètes et immédiatement applicables :

La cyber-résilience comme principe de conception (Roberto Zegarra)

L’un des messages les plus forts est venu de la session de Roberto Zegarra, qui a renversé une hypothèse traditionnelle : il ne s’agit plus d’éviter les brèches, mais de concevoir des organisations capables de fonctionner même dans des conditions compromises. Le concept d’entreprise minimale viable (EMV)représente une évolution concrète de la gestion de la continuité des activités : il s’agit de garantir la continuité des fonctions critiques grâce à des infrastructures résilientes, des données sécurisées et des séquences de récupération prédéfinies.

Gouvernance de l’IA : de l’opportunité à l’exigence (Christopher Murphy)

L’adoption croissante de l’intelligence artificielle introduit de nouvelles dimensions de risque, rendant essentielle l’adoption de modèles de gouvernance structurés. L’IA ne peut plus être traitée comme une question technologique isolée, mais doit être intégrée dans les cadres de gestion des risques et de résilience, en mettant l’accent sur la transparence, la responsabilité et le contrôle des modèles.

Playbook : de la théorie à l’exécution (Justin Kates)

Une contribution particulièrement concrète a été apportée par Justin Kates, qui a proposé les playbooks comme une évolution des plans traditionnels. Le changement est clair : il s’agit de passer de documents statiques à des outils opérationnels qui peuvent être utilisés en temps réel pendant une crise, réduisant ainsi l’incertitude de la prise de décision et améliorant la rapidité de la réponse.

L’IA appliquée à la continuité des activités (Beth Frasure)

Beth Frasure a montré comment l’intelligence artificielle peut être utilisée de manière pragmatique pour soutenir les processus de continuité des activités, de l’analyse des risques à la génération de scénarios et à l’aide à la décision. L’essentiel n’est pas l’automatisation, mais la capacité d’améliorer la qualité et la rapidité des décisions, tout en maintenant une surveillance humaine aux moments critiques.

Leçons du terrain : gestion d’un événement multi-agences (Kevin Wowk)

Parmi les sessions les plus marquantes, le cas réel présenté par Kevin Wowk a attiré l’attention sur la complexité de la gestion des crises dans la vie réelle. Dans des contextes multi-agences et multi-juridictions, des facteurs tels que la coordination, la communication et la gestion des ressources deviennent cruciaux. La résilience, dans ces scénarios, dépend avant tout de la capacité des personnes à prendre des décisions efficaces sous pression.

Ce qu’il faut retenir de la conférence

Si un fil conducteur se dégage de cette édition, c’est que la résilience évolue rapidement :

  • de la documentation à la capacité opérationnelle réelle
  • de la prévention à la gestion de l’inévitable
  • des approches distinctes à l’intégration entre la cybersécurité, l’IA et les risques opérationnels.

Une transformation qui fait apparaître de plus en plus clairement que la résilience est désormais une compétence stratégique, et non plus seulement technique.

En tête de liste du responsable de la résilience

Résilience et IA

En tête de liste des responsables de la résilience : gouverner l’IA avant qu’il ne soit trop tard

S’il est un sujet qui monte rapidement dans la liste des priorités des praticiens de la résilience, c’est sans aucun doute l’intelligence artificielle. Non pas tant en raison de son potentiel – aujourd’hui évident – que de la vitesse à laquelle elle s’introduit dans les processus d’entreprise, souvent sans cadre adéquat de gouvernance, de contrôle et de résilience.

C’est un message qui est également apparu clairement lors de la récenteconférence internationale DRI 2026 à Jacksonville, où plusieurs discours ont souligné comment l’IA introduit de nouvelles dépendances opérationnelles et de nouvelles formes de risque qui ne sont toujours pas structurées dans les modèles traditionnels.

Le point clé : l’IA est déjà présente dans les processus critiques

L’erreur la plus fréquente aujourd’hui est de considérer l’IA comme une question d’innovation ou de technologie de l’information. En réalité, les systèmes basés sur l’IA existent déjà :

  • influencer les décisions opérationnelles
  • soutenir les processus de base
  • l’introduction de dépendances sur les modèles, les données et les fournisseurs

En d’autres termes, l’IA fait déjà partie dupérimètre de continuité des activités, même si elle ne l’est pas encore formellement.

ISO/IEC 42001 : de la norme technique au levier stratégique

Dans ce contexte, la norme ISO/CEI 42001:2023 représente la première véritable tentative de mettre de l’ordre en introduisant un système de gestion de l’intelligence artificielle (AIMS) structuré et certifiable. Comme le soulignent plusieurs contributions d’experts et de praticiens, cette norme a une fonction essentielle :traduire les principes de la loi sur l’IA en pratiques organisationnelles concrètes.

En d’autres termes :

  • la loi sur l’IA indique ce qu’il faut faire
  • La norme ISO 42001 vous aide à comprendre comment procéder

Il n’est pas surprenant que la norme couvre des éléments centraux tels que :

  • gouvernance et responsabilité
  • Gestion des risques liés à l’IA
  • transparence et traçabilité
  • contrôle du cycle de vie du modèle

De plus, il s’intègre parfaitement à d’autres systèmes de gestion déjà très répandus, tels que les normes ISO 27001 et ISO 22301.

Le point de vue des experts : l’IA = un atout stratégique, pas une technologie

Plusieurs professionnels soulignent ce changement de perspective. Par exemple,Fabrizio Cirillisouligne que l’intelligence artificielle devient rapidement un atout stratégique pour les organisations, mais qu’elle nécessite de nouvelles compétences et surtout un cadre solide pour être gouvernée de manière sûre et transparente. De même, d’autres contributions soulignent comment ISO 42001 représenteun véritable pont entre la conformité et la gouvernance d’entreprise,traduisant les principes réglementaires en processus concrets et vérifiables

L’enjeu n’est donc plus technologique, mais organisationnel et stratégique.

Risque réel : nouveaux scénarios de perturbation

Pour un responsable de la résilience, la question n’est pas de savoir s’il faut adopter l’IA, mais.. :

Que se passe-t-il lorsqu’un système d’intelligence artificielle cesse de fonctionner correctement ?

Exemples concrets :

  • dérive du modèle et dégradation des performances
  • résultats incorrects mais plausibles
  • dépendances critiques à l’égard des fournisseurs d’IA
  • l’absence de solution de repli ou de supervision humaine

Il ne s’agit pas de risques théoriques, maisde nouvelles formes de perturbations opérationnelles.

Intégrer l’IA dans les cadres de résilience

L’étape clé consiste donc à considérer l’IA comme un élément essentiel du système d’entreprise.

Cela implique :

  • l’inclure dans l’analyse d’impact sur les entreprises (BIA)
  • la cartographie des dépendances (données, modèles, fournisseurs)
  • définir des stratégies de repli
  • tester des scénarios de défaillance non traditionnels
  • mettre à jour le cahier des charges et la gestion de crise

En bref : faire entrer l’IA dans le périmètre de la résilience.

À emporter

L’intelligence artificielle n’est plus une question émergente : elle est déjà une composante structurelle du risque opérationnel. Les normes telles que l’ISO/IEC 42001 constituent une étape fondamentale, mais elles ne résolvent pas le problème à elles seules. Pour ceux qui s’occupent de résilience, le véritable défi est autre :
transformer l’IA d’une source de risque non gouvernée en un élément contrôlé et résilient du système d’entreprise.

Mise à jour professionnelle

Prochains cours Continuitaly – DRI Italy – DRI France – NFPA

Les prochains cours de formation professionnelle que nous organisons en Italie en coopération avecDRI InternationaletNFPA

Cyber Resilience – Certification Course – DRI Italy
3-4 March 2026 – Online – Italian
Cours intensif sur la gestion des risques cybernétiques.
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Gestion de la continuité des activités – Cours de certification – DRI Italie
10-11-17-18 mars 2026 – Online – Italian
Cours approfondi sur les principes et les pratiques de la gestion de lacontinuité desactivités.
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Business Continuity Management – Certification Course – DRI France
14-15 avril 2026 – Online – French
Cours intensif sur les principes et pratiques du BCM.
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Business Continuity Management – Certification Course – DRI France
En savoir plus

Business Continuity Management – Certification Course – DRI Italy
5-6 May 2026 – Online – Italian
Cours intensif sur les principes et les pratiques du BCM.
En savoir plus

NFPA 13 – Normes pour les systèmes d’extinction automatique
11-12-13 mai 2026 – En présence – Milan
Cours officiel de la NFPA sur la conception des systèmes d’extinction automatique.
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NFPA 20 – Standards for Fire Supplies
14-15 mai 2026 – In Attendance – Milan
Cours officiel de la NFPA consacré à la conception des systèmes d’alimentation en eau incendie.
En savoir plus

Cyber Resilience – Cours de certification – DRI Italie
19-20-26-27 mai 2026 – Online – Italian
Cours approfondi sur la gestion des risques cybernétiques.
En savoir plus

Calendrier complet et actualisé

C’est vraiment arrivé ! Réflexions opérationnelles à partir de cas concrets

GUERRE

Géopolitique et résilience : au-delà des prix du pétrole, l’iceberg systémique

Les récents développements de l’environnement géopolitique au Moyen-Orient – avec la perturbation des flux à travers le détroit d’Ormuz et les attaques contre les infrastructures énergétiques – remettent au goût du jour des scénarios qui, il y a encore quelques mois, étaient classés dans la catégorie des scénarios de stress extrême. La réaction immédiate des marchés est connue et largement visible : la hausse des prix du pétrole.

Toutefois, comme l’ont souligné de nombreux analystes, ilnes’agit làque de la manifestation superficielle d’une dynamique beaucoup plus complexe.

Discontinuité des flux et capacité d’adaptation limitée

Selon les analyses duCenter for Strategic and International Studies (CSIS), même en présence d’itinéraires alternatifs et d’infrastructures de contournement, « la capacité mondiale à compenser une réduction significative des flux passant par le détroit d’Ormuz reste structurellement limitée ». En termes opérationnels, cela signifie que le système énergétique mondial n’entre pas dans une condition binaire (disponibilité ou indisponibilité), mais dans un état dedégradation progressive, caractérisé par :

  • disponibilité intermittente
  • la volatilité des délais de livraison
  • difficultés de planification

Effets économiques et industriels : au-delà du signal de prix

Les évaluations d’Allianz Tradeindiquent que, dans des scénarios graves, les prix du pétrole brut pourraient dépasser 100-130 USD le baril, avec des effets directs sur l’inflation et la stabilité macroéconomique. Cependant, comme le souligne égalementReuters, l’impact le plus important se produit sur les marchés physiques : lesraffineries réduisent leurs taux de production, la réorganisation forcée des voies de navigation, l’augmentation des primes d’assurance et la réduction de la capacité logistique disponible.

Dans ce contexte, le prix n’est pas le problème principal, mais lesignal anticipé d’une tension systémique plus large.

Interdépendances industrielles : le niveau de risque invisible

Comme le noteS&P Global, les conséquences s’étendent rapidement au-delà du secteur de l’énergie, affectant des secteurs industriels apparemment éloignés. Un exemple significatif concerne lesgaz techniques, notamment l’hélium, qui est essentiel pour la production de semi-conducteurs et d’applications médicales et scientifiques de pointe. La concentration géographique de la production et la dépendance à l’égard des infrastructures énergétiques rendent ces chaînes d’approvisionnement particulièrement vulnérables. De même, comme le souligneChatham House, la réduction des flux d’énergie a également un impact direct :

  • pétrochimie
  • engrais
  • matériaux intermédiaires

avec des effets indirects sur l’agriculture, l’industrie manufacturière et la sécurité alimentaire.

GNL, énergie et continuité des activités

L’analyse deS&P Globalindique également qu’une dégradation prolongée du détroit d’Ormuz pourrait conduire à une réduction significative des flux deGNL, avec des conséquences directes sur :

  • disponibilité de l’énergie
  • la compétitivité industrielle
  • continuité des activités dans les secteurs à forte intensité énergétique

Dans ce scénario, le risque pour les organisations n’est plus exclusivement économique, mais devientopérationnel et structurel.

De la crise énergétique à la gestion de la demande

Un élément particulièrement pertinent et souvent négligé concerne lesmesures de gestion de la demande d’énergie. L’Agence internationale de l’énergie (AIE)a souligné à plusieurs reprises, y compris dans des publications récentes, que dans des contextes de stress énergétique, les gouvernements peuvent recourir à des instruments de réduction de la consommation, y compris :

  • diffusion dutravail intelligent
  • limitations opérationnelles pour les industries à forte consommation d’énergie
  • les réductions de la puissance disponible
  • la gestion programmée de la charge (y compris les micro-interruptions)

Ces mesures, déjà observées dans des contextes récents, représentent une étape cruciale : la crise n’est plus seulement gérée du côté de l’offre, mais aussi du côté de lademande et du comportement organisationnel.

Implications pour le responsable de la résilience

À la lumière de ces éléments, le rôle du gestionnaire de la résilience prend une dimension différente : il ne se concentre plus exclusivement sur la gestion des événements, mais sur l’anticipation des fragilités systémiques.Trois pistes de réflexionsont particulièrement pertinentes :

1. Cartographier les interdépendances réelles

Comme le soulignent implicitement les analyses du CSIS et de S&P Global, les dépendances critiques ne sont pas toujours visibles.

La question à se poser est la suivante :
Quelles sont les composantes de nos activités qui dépendent, directement ou indirectement, des chaînes d’approvisionnement en énergie ou en logistique exposées à cette crise ?

2. Capacité de fonctionnement dans des conditions dégradées

Dans un contexte de réduction des flux et de gestion de la demande, il devient essentiel de comprendre :quel est le niveau minimum de fonctionnement durable en présence de contraintes énergétiques, logistiques ou réglementaires ?

Il s’agit notamment de scénarios tels que

  • le travail à distance prolongé ou obligatoire
  • le rééquilibrage des capacités de production dans les régions moins exposées aux pénuries d’énergie
  • contraintes sur la consommation d’énergie dans certains créneaux horaires

3. Validité des stratégies alternatives

Comme l’ont noté plusieurs analystes, de nombreuses alternatives n’existent qu’en théorie.

La question est donc la suivante :
. Nos stratégies de continuité et de repli sont-elles réellement exploitables ou dépendent-elles de conditions que nous n’avons jamais vérifiées ?

Conclusion

Les preuves convergent sur un point : la crise n’est pas due à la hausse des prix du pétrole, mais à lafragilité des interdépendances que ces prix reflètent. Dans un contexte caractérisé par des discontinuités de flux, des contraintes énergétiques et des interventions sur la demande, la résilience se mesure à la capacité de fonctionner dans des conditions non idéales, prolongées et systémiques.

Le prix du pétrole est un indicateur.
La résilience se mesure également à la capacité de donner le meilleur de soi-même lorsque l’indicateur signale que le système entre en crise.

Nouveaux règlements à surveiller

Circulaire 285

Actualités réglementaires : La circulaire 285 entre pleinement dans l’ère DORA

La Circulaire n° 285 de la Banque d’Italieest depuis des années la principale référence réglementaire pour l’organisation, la gouvernance des risques et les systèmes de contrôle interne des banques italiennes.
Il s’agit en fait du cadre réglementaire par lequel les principes de la surveillance prudentielle sont traduits en exigences opérationnelles, avec des impacts directs sur la gouvernance, les TIC, la continuité des activités et la résilience globale des intermédiaires.

C’est précisément la raison pour laquelle chaque mise à jour n’est jamais purement formelle, mais reflète une évolution substantielle des attentes du régulateur.

Parmi les développements réglementaires les plus importants de ces dernières semaines en Italie figure la51e mise à jour, publiée par la loi du 3 février 2026 et au Journal officiel le 18 février 2026. La loi met en œuvre le règlement (UE) 2022/2554 (DORA) et la directive (UE) 2022/2556,modifiant en particulier le chapitre 4 « Le système d’information » et le chapitre 5 « Continuité des activités », ainsique certains rapprochements dans les dispositions introductives, dans le chapitre 1 sur l’autorisation des activités bancaires et dans le chapitre 3 sur les contrôles internes.

La différence la plus importante par rapport au cadre précédent est conceptuelle avant même d’être rédigée. La discipline « précédente » relative aux TIC et à la continuité,essentiellement fondée sur la 40e mise à jour de 2022,avait été modelée pour mettre en œuvre les lignes directrices de l’ABE sur la gestion des risques liés aux TIC et à la sécurité. Avec la 51e mise à jour, en revanche, la Banque d’Italieprocède à une véritable réorganisation :de nombreuses sections nationales qui réglementaient en détail la gouvernance des TIC, la gestion des risques liés aux TIC et à la sécurité, la sécurité des informations et des opérations liées aux TIC, la gestion des projets et des changements liés aux TIC et l’externalisation des services liés aux TIC sont abrogées et remplacées par une référence directe aux dispositions du DORA et aux RTS/ITS pertinents, qui sont désormais directement applicables. En d’autres termes, la circulaire 285 cesse d’être le texte détaillé « primaire » sur ces questions et devient le lien national avec le cadre européen.

Je me réfère à DORA

Ce changement dans l’architecture réglementaire est particulièrement visible au chapitre 4, qui commence désormais par indiquer que la question est directement réglementée par le DORA et ses actes délégués, y compris ceux relatifs aux arrangements contractuels pour les services TIC à l’appui de fonctions essentielles ou importantes et à la sous-traitance de ces services. Ce passage est également très pertinent d’un point de vue opérationnel, car il renforce l’idée que la conformité ne peut plus être lue uniquement en termes locaux :pour la gouvernance des TIC, le risque de tiers, les incidents significatifs et les garanties contractuelles, la principale référence est désormais européenne.

Un autre point à noter est quela discipline relative au système de gestion des données, qui n’est pas directement couverte par DORA, est conservée et déplacée dans le chapitre 3 sur les contrôles internes, avec une annexe D spéciale. Il s’agit d’un choix cohérent : ce qui reste dans le chapitre 285 est ce qui continue à représenter le contrôle organisationnel et interne de la banque, tandis que la partie strictement liée aux TIC et à la résilience numérique est absorbée dans le périmètre DORA.

Continuité opérationnelle

En ce qui concerne la continuité des activités, la 51e mise à jour modifie le chapitre 5 pour l’aligner sur les changements introduits par la directive DORA. La différence par rapport à la version précédente est très claire : les exigences relatives à la continuité des activités dans le domaine des TIC sont supprimées de la circulaire, car elles sont désormais directement régies par la directive DORA et son règlement délégué sur la gestion des risques informatiques. En revanche, l‘essentiel des exigences en matière de continuité des activités « générales »,applicables aux banques en tant qu’opérateurs, estmaintenu, tandis que la continuité numérique est définitivement européanisée. La Banque d’Italie a également précisé qu’elle n’avait pas encore modifié l’annexe A, section III, relative aux processus d’importance systémique, car des enquêtes plus larges sont en cours et concernent également des opérateurs financiers autres que les banques.

Ensuite, il y a un aspect moins visible mais important : la section sur les dispositions spécifiques pour les services de paiement a été mise à jour à la lumière des lignes directrices de l’ABE du 11 février 2025, maintenant en place, à côté de DORA, les références pertinentes pour la gestion de la relation avec les utilisateurs de services de paiement. Cela confirme que la configuration finale n’est pas un remplacement pur et simple, mais une mosaïque réglementaire dans laquelle DORA devient l’épine dorsale, tandis que certains chefs de file verticaux restent ancrés dans des sources spécialisées telles que la DSP2/l’ABE.

Commentaires et opinions

Les commentateurs externes convergent également sur cette lecture.Diritto Bancariodécrit l’intervention comme une « réorganisation » de la discipline à la lumière de DORA et souligne précisément l’abrogation des anciennes sections nationales sur la gouvernance et le risque TIC, remplacées par des références au règlement européen et aux actes délégués.Studio Marchettisouligne à son tour que les parties qui ne sont plus cohérentes avec le nouveau cadre européen sont éliminées, tandis queCesare Gallotti, du point de vue de la sécurité de l’information, observe que les innovations les plus significatives sont concentrées dans le titre IV et que le chapitre 4 fait désormais référence de manière substantielle et complète aux exigences de la DORA et aux RTS/ITS pertinents.

Conclusion

En termes pratiques, le message pour les banques, les fonctions de contrôle, les gestionnaires de risques TIC et les gestionnaires de continuité est clair :DORA ne se contente pas de compléter la circulaire 285, mais redéfinit son centre de gravité.La circulaire 285 reste essentielle en tant que cadre de contrôle national, mais pour la résilience numérique, l’externalisation des TIC, la gestion des incidents et la continuité des TIC, le centre de gravité s’est déplacé vers le corpus législatif européen. Les nouvelles dispositions sont entrées en vigueur le lendemain de leur publication au Journal officiel,tandis que la Banque d’Italie a prévu un délai de six mois pour la mise en conformité avec les modifications apportées au chapitre 5.

Le coin technique

ESFR : qu’est-ce que c’est ?

ESFR – lorsque l’arroseur cesse de « contrôler » et commence à « supprimer ».

Dans le monde de la protection contre l’incendie, peu d’acronymes sont aussi pertinents queESFR (Early Suppression Fast Response).Il s’agit d’un type avancé de sprinkleur conçu non seulement pour contrôler un incendie, mais aussi pour l’éteindre rapidement dans ses premiers stades, avant qu’il ne se développe et n’atteigne l’ensemble du compartiment.

Qu’est-ce qui distingue un ESFR des sprinklers traditionnels ?

Les sprinklers traditionnels (mode dit de contrôle) ont un objectif clair : contenir l’incendie jusqu’à ce qu’une intervention manuelle soit nécessaire.

Les ESFR, en revanche, introduisent un changement de paradigme : une attaque directe et massive de l’incendie, dans le but de l’éteindre ou de le réduire drastiquement très rapidement

Cela est possible grâce à trois caractéristiques essentielles :

  • Réponse rapide : bulbe thermique à activation très rapide
  • Débit élevé : de grandes quantités d’eau sont distribuées en peu de temps
  • Distribution optimisée : modèle de décharge conçu pour pénétrer dans la colonne thermique

Pourquoi les CERS sont-ils devenus si importants ?

Leur utilisation est étroitement liée à l’évolution des schémas logistiques et industriels. Les entrepôts modernes avec :

  • les grandes hauteurs
  • stockage intensif
  • plastiques à haut pouvoir calorifique

rendent souvent les solutions traditionnelles insuffisantes.

Les ESFR permettent, dans de nombreux cas, de :

  • éviter les têtes sur les étagères
  • simplifier le système
  • l’augmentation du niveau de sécurité

Le rôle des normes

La conception et l’utilisation des ESFR sont strictement définies par les normes de la National Fire Protection Association.

En particulier :

  • NFPA 13
  • NFPA 25
  • NFPA 20

C’est la norme NFPA 13 qui la définit en détail :

  • critères de conception
  • limites de l’application
  • configurations de stockage
  • paramètres hydrauliques (facteur K, pression, densité)

Et en Europe ? La référence aux normes EN

Dans le contexte européen également, la question des sprinklers – y compris les sprinklers d’intervention rapide – est régie par des normes techniques établies, en particulier lanorme EN 12845. Cependant, il est important de souligner que :

  • la norme EN adopte désormais une approche plus traditionnelle (mode de contrôle)
  • Les applications ESFR ne sont pas développées avec le même niveau de détail que dans la norme NFPA

En pratique : lesESFR sont également reconnus et utilisables en Europe,mais leur conception se réfère souvent directement à la logique et aux critères de la NFPA, en particulier dans les contextes industriels et logistiques les plus complexes.

C’est pourquoi, dans de nombreux projets internationaux ou d’assurance, on observe une approche hybride :

  • Conformité réglementaire européenne
  • conception technique basée sur les normes NFPA

Attention : il ne s’agit pas d’une solution universelle

Malgré leur efficacité, les CERS ne sont pas applicables dans tous les contextes. Leur mise en œuvre correcte nécessite :

  • analyse détaillée des risques
  • compatibilité avec les schémas et les produits
  • le respect strict des limites réglementaires

Des modifications non contrôlées (par exemple, des changements dans le stockage) peuvent altérer les performances.

À emporter

Les ESFR représentent l’un des meilleurs exemples d’évolution dans le domaine de la protection contre les incendies :
de systèmes conçus pour « contenir » à des systèmes conçus pour intervenir de manière décisive et immédiate.

Mais c’est la combinaison de :

  • technologie disponible
  • normes (NFPA et EN)
  • conception adéquate

pour déterminer le niveau réel de sécurité.

Perspectives et inspirations

Les conseils du mois

Letture consigliate per approfondire il Climate Risk

Les conseils du mois

Dans cette rubrique, nous continuons à signaler les contenus que nous trouvons utiles non pas tant pour acquérir de nouvelles connaissances que pour affiner notre lecture du risque, de l’incertitude et des décisions stratégiques dans des contextes complexes.

Livre du mois : L’entreprise résiliente – Yossi Sheffi

Un classique toujours d’actualité qui analyse la manière dont les organisations peuvent faire face à des perturbations complexes, des crises logistiques aux chocs mondiaux.

Particulièrement pertinent aujourd’hui, à la lumière des tensions géopolitiques, parce qu’il introduit un concept clé : la résilience n’est pas seulement une protection, mais la capacité de s’adapter rapidement à des systèmes interconnectés et instables.

Podcast du mois : CSIS – « The Trade Guys » (Les gars du commerce)

Un podcast extrêmement utile pour comprendre les dynamiques entre géopolitique, commerce international et économie réelle. Dans un contexte marqué par des tensions énergétiques et de possibles perturbations des flux mondiaux, il offre une lecture concrète de la manière dont les crises régionales et les décisions politiques se traduisent en impacts opérationnels pour les entreprises et les chaînes d’approvisionnement. La résilience nécessite aujourd’hui une vision qui dépasse les frontières de l’entreprise : comprendre comment les événements mondiaux se traduisent en impacts opérationnels locaux est désormais une compétence essentielle.

Mises à jour de la National Fire Protection Association (NFPA)

Nouvelles de la communauté internationale Fire Safey

NFPA 70 (NEC 2026) : une mise à jour essentielle pour ceux qui travaillent aux États-Unis

Parmi les mises à jour les plus importantes du cycle 2026 de la National Fire Protection Association figure la publication de la nouvelle édition de lanorme NFPA 70 (NEC 2026).Il s’agit de la norme de référence pour laconception et la construction des systèmes électriques aux États-Unis, adoptée – avec des adaptations locales – dans presque toutes les juridictions. Concrètement, la NEC n’est pas une simple directive technique, mais un code obligatoire, dont le respect est une condition nécessaire pour.. :

  • autorisations
  • test
  • fonctionnement des installations

Parce qu’il est également pertinent pour de nombreuses entreprises italiennes que :

  • ils conçoivent des installations
  • établissements
  • fournir des machines ou des systèmes aux États-Unis

la connaissance de la NEC n’est pas facultative, mais essentielle.

Une installation conforme aux normes européennes (EN/IEC) n’est pas automatiquement conforme au NEC.

Les différences peuvent concerner

  • mode d’installation
  • critères de protection
  • classification des zones
  • exigences en matière de sécurité électrique

Avec des impacts concrets sur :

  • durée du projet
  • nécessité d’une réingénierie
  • coûts
  • les approbations des autorités locales (AHJ – Authorities Having Jurisdiction)

Les grandes lignes de l’édition 2026

L’édition 2026 du NEC fait partie d’un parcours évolutif qui reflète la complexité croissante des systèmes électriques modernes. Parmi les sujets les plus pertinents :

  • l’intégration avec les systèmes de stockage d’énergie et de production distribuée
  • une attention accrue à la résilience électrique
  • les mises à jour relatives aux technologies émergentes et à la numérisation
  • la réorganisation de certaines sections pour en améliorer la clarté et l’applicabilité

Le fil conducteur est clair :le système électrique n’est plus une infrastructure « passive », mais un élément central de la résilience opérationnelle.

Implications opérationnelles

Pour ceux qui travaillent sur des projets internationaux, cela se traduit par un besoin très réel :

  • impliquer l’expertise locale (États-Unis) à un stade précoce
  • vérifier la conformité au NEC dès la phase de conception
  • éviter les approches « adaptées a posteriori

Dans de nombreux cas, les divergences entre les normes européennes et les normes NEC apparaissent trop tard, ce qui a des conséquences sur les délais et les coûts.

À emporter

Lanorme NFPA 70 (NEC 2026)n’est pas simplement une norme technique, mais un élément clé pour assurer la viabilité et la conformité opérationnelle des projets aux États-Unis.

Mises à jour du Disaster Recovery Institute International (DRI)

Nouvelles de la communauté mondiale des praticiens certifiés de la résilience

Comme prévu dans la première section de cette lettre d’information, la récenteconférence internationale DRI2026 a confirmé le rôle central de la communauté mondiale de la résilience dans la lecture et l’interprétation des risques émergents. Laprochaine édition de la conférence, qui se tiendra du21 au 24 février 2027 à Arlington, au Texas,est d’ores et déjà annoncée.

Nouvelle certification à venir : accent sur la résilience de la chaîne d’approvisionnement

Parmi les annonces les plus pertinentes faites lors de la dernière conférence, le lancement – attendu prochainement – d’un nouveau parcours de certification des compétences consacré à la la résilience de la chaîne d’approvisionnement.

Un signal très clair : la résilience de la chaîne d’approvisionnement devient une compétence autonome et de plus en plus centrale au sein des organisations.

Cette évolution est cohérente avec ce qui est apparu dans d’autres domaines couverts par cette lettre d’information :

  • une exposition croissante aux risques géopolitiques
  • des interdépendances mondiales de plus en plus complexes
  • nécessité d’approches intégrées entre le risque opérationnel, la logistique et la continuité

La résilience n’est plus une discipline monolithique, mais un ensemble de compétences de plus en plus spécialisées. La chaîne d’approvisionnement est désormais l’un des principaux fronts sur lesquels se joue la capacité des organisations à résister et à s’adapter à des scénarios complexes.

PhoenITx Ltd.

Via Pietro Calvi, 2

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